lundi 18 août 2008

Modernisme, fin des clivages et culture-zapping


Aujourd'hui, nos élites gouvernent dans le culte du modernisme, avec des conséquences catastrophiques sur de nombreux secteurs. Quelles sont ces conséquences, et d'où provient ce culte ?


A/ Les origines

I/ Aux origines de la gauche moderniste

On le sait, de tout temps, le cheval de bataille de la gauche fut le progressisme, afin de résister à une droite jadis conservatrice. Ce progressisme avait pour objectif de se cantonner au simple plan humain, et de rendre l'homme meilleur. Cet objectif ne serait rempli que lorsque l'homme serait comblé, éliminant par la même toute jalousie à l'égard de l'autre.
Après Mai 68, au nom de la sacro-sainte "autonomie", le libéralisme économique fut favorisé par le biais de la fameuse "liberté d'entreprendre". Ce libéralisme économique, capitalisme qui ne disait pas son nom, s'accompagnait de toutes sortes de technologies novatrices, de progrès techniques constants : la gauche y vit le moyen de combler l'homme tout en favorisant l'économie nationale. Très vite, on taxa de "moderniste" toute technologie nouvelle permettant de faire avancer la science en augmentant le niveau de vie.
Afin d'éviter les questions gênantes du genre "Quid du sort des salariés trimant jusqu'à point d'heure pour combler des hommes en fait plus riches qu'eux ?", elle trouva une fine parade : les socialistes sont libéraux sur le plan de la libéralisation des moeurs. Or, il ne saurait exister de libéralisme partiel, il faut donc s'accomoder du libéralisme économique. Ainsi vint l'idée de modernisme de gauche, dans la continuité du progressisme humain.
Mitterrad asséna le coup de grâce en 83 lorsqu'il entama un programme économique plus capitaliste que celui de VGE afin de redresser la barre après une tentative ratée d'économie sociale.

II/ Aux origines de la droite moderniste

Malgré une adhésion sans faille au libéralisme économique jamais la gauche n'a osé se réclamer du capitalisme, terme devenu péjoratif qu'elle attaquait vivement comme outil d'oppression de la bourgeoisie.
La droite devait donc elle aussi se trouver un bouc-émissaire, et elle choisit l'état, ou plutôt l'interventionnisme étatique. Elle décréta donc que l'état n'avait pas à se mêler d'affaires économiques et se servit du modernisme pour justifier les forts inégalités créées par le régime libéral


Deux parcours différents, mais une finalité commune, c'est ce qui explique qu'aujourd'hui gauche et droite affirment la même chose mais se chamaillent sur les modalités d'application du même régime.


B/ Les conséquences

Nous prendrons deux exemple mis en avant par l'écrivain Jean-Pierre Legoff : l'entreprise et l'école.
I/ L'entreprise

Forts de cette doctrine moderniste, gauche et droite, ont présenté l'entreprise, source de progrès techinques, comme l'avenir de toute société; en imposant un totalitarisme mou : désormais, il existerait une série de qualités que devait posséder le salarié pour entrevoir des perspectives d'évolution : tolérance, écoute, mais surtout efficacité, rapidité, conformité. On a accru les charges de travail en faisant miroiter un avenir radieux pour qui se se pliait sans broncher aux normes imposées. Pour mieux faire passer une pilule au goût amer, on a décrété que la flexibilité de l'emploi était une véritable aubaine pour le salarié : "C'est une chance de changer de travail ! Plus de formation, donc plus de compétences ! Vous pourrez changer de travail au moins 4 ou 5 fois dans votre vie !" déclarent les différents rapports d'auteurs corrompus ou naïfs, qui s'adressent aux ravailleurs comme à des enfants qui traînent des pieds pour aller à l'école. On entend presque résonner un petit "Vous ne connaissez pas vore chance, bande de petits veinards !"
Désormais, le salarié serait régi par l'intouchable et divine "autonomie" mentionnée plus haut. Reste ) voir ce qui se cache derrière ce terme enjôleur. On pourrait croire qu'il s'agit d'une certaine indépendance voire d'une certaine liberté. Que nénni ! Il s'agit en fait de la qualité suprême du travailleur : la volonté de travailler plus qu'on ne lui demande pour le bien de son entreprise, qui serait comme une mère : on lui doit tout, il faut bien le lui rendre. Et au centuple, s'il-vous-plaît !

II/ L'école

C'est cette autonomie qui servira de base à l'école. mais dans un autre sens. Désormais, les matières ne seraient plus au centre de l'enseigement, elles seraient subsituées par l'élève, qui deviendrait "acteur de sa propre instruction". Ce nouveau rôle de l'élève au sein de l'école a permis de justifier les pires aberrations : remise en cause de l'autorité du professeur, chargé désormais de faire de l'animation, négation de l'inégalité entre élève et maître, nivellement par le bas...
Comme pour le salarié, on a introduit, dès la maternelle, des dizaines de normes auxquelles l'élève devait correspondre. On a envoyé les maîtres et maîtresses en formation pour qu'ils puissent maîtriser ces normes, apprenant en réalité un jargon incompréhensible. Quand les maîtres recoivent les parents, ils n'hésitent pas à déclarer que tel enfant a un problème de latéralité ou qu'un autre éprouve des difficultés à se mouvoir spatio-temporellement. Les parents n'y comprennent rien, ce qui permet de brouiller définitivement les liens existant encore entre eux et l'école : l'Education Nationale est parvenu à empêcher les parents de se mêler de ce qui se passe au sein des établissements scolaires, ils méritent bien un petit applaudissement.


C/ Conclusion

A travers tous ces exemples, on a pu voir que le modernisme a fait considérablement évoluer la société, et surement pas dans le bon sens. Il a créé cette société perpetuellement en mouvement qui est la nôtre, rendant ainsi le français moyen incapable de se fixer sur quelque chose : c'est la culture du zapping. A force de vouloir s'intéresser à toutes les réalités, celui qui devrait être un citoyen finit par se déconnecter totalement de la réalité, notamment politique. Et nos élites jouent une pièce de théâtre... Reste à savoir quand le peuple français demandera à être remboursé.

lundi 11 août 2008

Le problème des médias


Comme chacun peut le constater, les médias occupent une place incroyablement importante dans notre société. Loin de moi l'idée de les critiquer dans leur essence même. Je pense que la presse, la radio et la télévision sont des instruments indispensables à la bonne compréhension, à l'analyse du monde qui nous entoure. Cependant, il nous faut, à mon sens, toujours considérer ce qui nous est dit avec scepticisme, indépendance d'esprit et intelligence... Nous ne pouvons pas nous y fier inconsidérément.

En effet, il nous faut savoir que les médias manquent souvent cruellement d'objectivité. Le journal télévisé de France 2 est un exemple particulièrement révélateur. Il n'est souvent rien d'autre qu'une accumulation de critiques aigres, de remarques sarcastiques sur la politique et le comportement de Sarkozy. Attention ! Notez bien que je n'ai pas prétendu que le personnage était exempt de reproches. Bien au contraire... Cela dit, il me semble que certains commentaires amers sont de trop dans la bouche d'un présentateur, censé informer de l'actualité honnêtement et impartialement. Dans le JT de France 2, la subjectivité apparaît grossièrement. On la voit à travers une absence de recul, un oubli des causes, une focalisation sur les détails, une dissimulation complète de certains faits pourtant véritables ou une incroyable déformation de la réalité. Le journaliste n'est alors plus au service de la vérité : il la baffoue, la néglige, la tord dans tous les sens pour qu'elle lui convienne, qu'elle corresponde à ses idées. Il trahit sa vocation en abandonnant la réalité factuelle pour une pensée systématique, forme d'une médiocre propagande.

Dans d'autres cas, comme souvent dans divers organes de presse, l'avis du journaliste transparaît de façon plus subtile, moins directe. On sent tout de suite une habileté à manier le verbe, à maîtriser parfaitement l'ironie. Le style est parfois un peu voltairien, plein de malice. Il faut le décrypter pour connaître les intentions de l'auteur, ce qu'il veut nous faire entendre, vers où il souhaite nous amener... En plus de rouler le lecteur dans la farine en cherchant à le manipuler, le journaliste n'hésite pas à se targuer hypocritement d'honnêteté intellectuelle et de démarche objective. Pendant ce temps, la Pensée Unique gagne les foyers via les médias. La manipulation continue, sûrement, rapidement. La presse, la radio et la télévision en sont les scrupuleux instruments. Mais que faire face à cette vaste imposture ? Où donc trouver la vérité? l'irréductible vérité, de nos jours tant maltraitée?...

vendredi 8 août 2008

Le féminisme, ou le paradoxe des névrosées


Bien. Aujourd'hui, si vous allumez votre télévision, vous aurez de grandes chances de tomber sur un discours débilitant fémino-libertaire grandi par une cause qui, de prime abord, apparaît libératrice mais n'est qu'un aliénant de plus dans notre société liberticide.

Voyons un peu les arguments avancés par les adulatrices de Clémentine Autain et Isabelle Alonso.

1) La femme au foyer transcende le passé, aujourd'hui, la femme a le droit de travailler comme l'homme.

Elle en a le droit... Mais combien de femmes aujourd'hui se sentent réellement représentées par les féministes d'apparat vendues comme des pourfendeuses des inégalités ?
Je vais tirer un exemple de mon expérience personelle. L'une de mes soeurs se trouve être d'extrême gauche car anarchiste. Lorsqu'on lui parle de Mireille Dumas, elle lâche "Pfff. Féministe à deux balles." Elle sait que les femmes ont le droit à l'instruction. C'est pourquoi elle suit des études à l'heure actuelle. Son ambition après ces études ? Avoir des enfants. Et s'en occuper. Parce que les femmes ont une prédisposition toute naturelle pour les enfants.

2) Les femmes gagnent systématiquement moins que les hommes. C'est injuste !

Premièrement, rappelons que les professeurs, les policiers, bref, les fonctionnaires, et même tous les membres du secteur tertiaire sont à égalité de salaires, sans distinction hommes / femmes.
Pour le reste... Je me permets de faire remarquer à nos chères justicières démasquées que les femmes sont nouvelles sur le marché du travail... Et qu'elles doivent faire leurs preuves afin de bénéficier d'un salaire égal à celui des hommes, qui eux, ont eu le temps de prouver leurs capacités.
Autre chose : chaque secteur de travail que les femmes investissent est prolétarisé et sombre dans la folie des bas salaires.

3) Nous avons acquis la liberté sexuelle. Quel énorme progrès !

Tout ça pour quoi ? Pour avoir le droit d'être enfin considérée comme un objet sexuel. Pour avoir le droit d'être enfin méprisée. Pour avoir le droit d'être enfin utilisée dans la machine capitaliste.

4) Le patriarcat, c'est fini. Il n'y a plus de distinction entre père et mère.

Très bien. On peut d'ailleurs voir la folle modération dont font preuve les enfants qui n'ont pas eu de père pour les arrêter et leur mettre une bonne rouste après chaque bêtise. Le patriarcat, c'est dire : toi, mon fils, tu fileras droit. C'est une habile alternance entre la sévérité du père et l'amour de la mère.


Aujourd'hui, il existe deux célèbres théoriciens de l'anti-féminisme : Eric Zemmour (Le Premier Sexe) et Alain Soral (Vers la féminisation ?).

vendredi 1 août 2008

On ne crachera jamais assez sur Mai 68


Alors que la figure incontournable de Mai 68, j'ai nommé Daniel Cohn-Bendit, Dany le Rouge pour les intimes, nous fait savoir qu'il faut oublier la révolte étudiante (cf son dernier livre Forget 68), on aimerait gentiment lui rigoler au nez. Petit tour d'horizon sur les conséquences dramatiques de ce mouvement bourgeois.

On dit que Mai 68 a été une victoire sociale et une défaite politique. Nicolas Sarkozy dément aujourd'hui une telle affirmation : ultra-libéralisme, gamineries, exaltation des Etats-Unis et fin prononcée de l'exception française, Mai 68 a réussi son coup politique, c'est-à-dire faire disparaître le politique, alors que l'on essaie encore de nous faire croire que c'est à Bercy que se prennent les grandes décisions économiques.

En effet, le plus gros bénéficiaire de Mai 68, c'est le capitalisme. Le fameux "Jouissez sans entrave" est aujourd'hui le fond marketing sous-jacent de toute publicité. On infantilise les français pour mieux vendre sa camelote. Désormais, le citoyen a disparu au profit d'une entité abstraite, complètement abrutie à la fois par nos politiciens et par nos chefs d'entreprise. Le tout au nom de la"démocratie", et de la "liberté". Cette toute puissance du capitalisme et de l'élite politique rend dérisoire une éventuelle "victoire sociale". Daniel Cohn-Bendit est d'ailleurs, après avoir été le symbole de la révolte, le symbole de l'héritage de Mai 68. Journaliste à Libération, journal qui, se prétendant de gauche, appartient aujourd'hui aux Rotchild.

Mai 68 a aussi été la défaite de l'enseignement. On a introduit dans les écoles des éducateurs bohèmes, rendu obligatoire la méthode globale pour l'apprentissage de la lecture, au détriment de la méthode syllabique, seule méthode qui aie jamais marché, ce qui explique pourquoi aujourd'hui, 15% des élèves de sixième ne savent toujours ni lire ni écrire. On a décrété que l'élève devait être au centre de l'école et que celle-ci, désormais, garantirait non pas son instruction mais son "épanouissement". On a infiltré les cours d'éducation sexuelle. On a envoyé des inspecteurs qui n'avaient jamais enseigné afin de sous-noter les professeurs qui avaient de l'autorité sur les élèves et qui leur apprenaient à lire, écrire et compter : c'est désormais un crime. Bref, on a insufflé une bonne dose de capitalisme dans l'école, qui est, comme l'a si bien dit Claude Allègre "le plus grand marché du XXIème siècle".

On a imposé des mots qui sont aujourd'hui usités à outrance dans le langage des grands patrons : "créativité", "projet"...

Au nom de la liberté sexuelle, on laisse les enfants regarder des clips "musicaux" (en fait clips érotiques accompagnés d'une musique lamentable en fond sonore) présentant de jeunes et lascives greluches se trémousser sur des airs électros simplistes. On présente le préservatif comme l'avenir de toute société, incitant ainsi les jeunes à coucher plus, ce qui ne fait qu'augmenter les risques d'accidents.

On a créé le féminisme, car "l'ère de la femme au foyer est révolu". Aujourd'hui on distribue aux élèves des brochures prônant la supériorité de la femme sous couvert d'égalité, on fait venir sur les plateux de télévision Clémentine Autain et Isabelle Alonso, dont la bêtise n'a d'égales que les lacunes culturelles, Nicolas Sarkozy décide qu'il y aura autant de femmes que d'hommes dans son gouvernement, c'est-à-dire que l'on choisira les femmes non pas sur leurs compétences, mais sur leur nature de femme (elles en sont flattées), on érige le gay en héros de la société, ce qui dégoûte les homosexuels discrets, on fait valoir la gay pride comme une avancée sociale des plus importantes, alors qu'il ne s'agit que d'une régression communautaire.

On a également inventé la concurrence victimaire, compétition dans laquelle chaque communauté doit accabler la France de tous ses mots. On a volontairement fait oublier que 80% des juifs ont pu échapper à leur sort grâce au peuple français, que l'esclavage des noirs par les arabes a commencé bien avant celui des blancs et a continué bien après, on a fait oublier , encore, que ce même esclavage n'aurait jamais eu lieu si des noirs n'avaient pas vendu d'autres noirs, on a fait oublier, enfin, que c'est la colonisation qui a mis fin à l'esclavage.

On a fait commencer l'histoire du pays en 1789, on a nié que la France fut faite par les Rois et jamais par les présidents, on a inventé l'histoire partiale.

On a vidé les caisses de l'état.

Victoire sociale, défaite politique, disions-nous ?

Le clergé moderniste


Voilà un sujet qui intéressera de moins en moins de monde, le temps passant et le prestige de l'Eglise avec... C'est donc avec une certaine amertume, aucunement dissimulée, que, sans rien renier de ma foi en Dieu ni de ma fidélité au catholicisme romain, je m'en prends à certains de ses travers, bien actuels et peu scrupuleux de la tradition et de la grandeur intrisèques à la chrétienté.

En effet, quelle n'est pas notre déception quand, désireux de nous laisser transporter par nos élans mystiques, dans une petite église romane du Sud Ouest, réputée pour son charme, ou dans une splendide cathédrale gothique, nous nous retrouvons face à d'immenses banderoles recouvertes de graffitis reprenant assez médiocrement les principes de notre Mère l'Eglise : l'Amour, la Fraternité, le Partage ne se griffonent pas aussi vulgairement mais se vivent pleinement et se doivent d'être honorablement illustrés. N'oublions surtout pas la sempiternelle Egalité, qui vient s'incruster sur ces fagnons comme dans les lamentables sermons de certains prêtres droit-de-l'hommistes. Personnellement, lorsque je vois écrit ce terme dans une église, je ne peux m'empêcher de penser à la revendication et au mythe égalitaires qui ont su si bien entretenir certaines idées chrétiennes devenues folles ( cf Chesterton ), cela me donne la nausée. Chacun aura compris que je pensais tout particulièrement aux premiers temps de notre chère république et à l'idéologie communiste, qui sont éminemment liées et dont on connaît les dégâts.

Un autre phénomène : la venue, dans nos cathédrales, de bandes de jouvenceaux, prétendus doués par un prêtre auto-proclamé moderniste, sous le falacieux prétexte qu'ils gratouillent avec quelque talent le manche de leur guitare. Ces impudents ont la ridicule prétention de remplacer l'ineffable beauté de nos orgues délaissés et réduits au silence. Ah! ils sont jolis nos gratouilleurs chevelus ! et bien braves également, dans le fond... Mais leur place ne serait-elle pas plutôt autour d'un chaleureux feu de camp scout, et non à la place des organistes, autrefois indispensables au prestige de nos paroisses.

Quant aux sermons qui se sont répandus, ils sont à tel point idéologiques qu'on pourrait légitimement se poser la question de leur contenu métaphysique. Certains ( et ils sont nombreux ... ) de nos prélats font désormais dans le politiquement correct : on plaint les pauvres immigrés clandestins, on prône la tolérance à l'égard des jeunes délinquants, victimes d'incompréhension, on ne parle que du droit à la différence. On n'hésite parfois pas à ouvertement s'exprimer en faveur du mariage des prêtres. Bref, certains s'adonnent à ce que Finkielkraut considère comme un rousseauisme délavé ... Je trouve cela exactement observé.

Le catholicisme ne doit pas être le toutou de la République ni s'abaisser à s'adapter ou à faire l'éloge d'un monde moderne écoeurant. Ce serait, à mon sens, indigne de l'Eglise et l'une des causes de son affaiblissement. Si notre religion avait su conserver ce qu'il y a de magnifique, d'intouchable, de sacré en elle, il me semble qu'elle s'en porterait autrement mieux.

mercredi 30 juillet 2008

Cali, 1000 coeurs debout


On le sait, le monde est peuplé de ces lamentables chanteurs-marketing invités et réinvités dans les mêmes émissions, donnant les mêmes réponses idiotes aux mêmes questions stupides. Cali est plus que membre de ce mouvement New Wave, il le transcende. Et ce clip transcende Cali. Une chance pour votre serviteur qui ne demande qu'à traquer la médiocrité (une tâche peu ardue en ces temps obscurs, je vous l'accorde).


Dans ce morceau qui a bien mérité sa place au musée du XXIème siècle, on peut apercevoir notre specimen utiliser des grands principes, de grandes causes, afin de battre des records de ventes. Tâchons, un instant, de nous détacher du mauvais compositeur et piètre chanteur, pour mieux atteindre le médiocre parolier.

On peut l'entendre, dans cette chanson, vilipender "ils". Qui ça, "ils" ? On suppose qu'il s'agit des immondes lieutenants de la menace fasciste, qui, faut-il le rappeler, est aujourd'hui tout sauf une menace. Une petite minorité d'illuminés qui rêveraient de voir la réincarnation de Mussolini enfin prendre Paris. Ce danger, sans cesse brandi par la gauche bien-pensante depuis une vingtaine d'années, est né de cette nécessité de créer son électorat, en utilisant une méthode de manipulation bien connue, celle qui consiste à poser une question dont la réponse est évidente puis en tirer les conclusions qui "s'imposent". Autrement dit, faire adhérer quelqu'un à une idée, à un parti ou autres sans lui laisser le loisir de réfléchir, de peser le pour et le contre. En l'occurance, la manipulation se présente comme ça : "Etes-vous fasciste ? -Non, bien sûr. -Alors il faut rejoindre les luttes anti-fasciste. Et les luttes anti-fascistes, c'est nous." Ce n'est ni la première fois ni la dernière que l'intelligentsia de gauche use de cette technique : elle l'a fait pour SOS Racisme, par exemple... Toujours dans le but de rectruter des électeurs naïfs qui pèseraient lourd un jour ou l'autre tout en s'en mettant plein les fouilles, et en utilisant des personnages publics de renom pour garantir le bien-fondé de leurs attentions.

Ecartée cette ridicule "menace", que reste-t'il de cette chanson ? Une plainte commisérative envers "l'enfant noir". En bon néo-colonialiste pavé de bonnes intentions, le jeune brailleur tend à croire, ou du moins à faire croire que la France, et olus généralement l'occident, est responsable de tous les malheurs du monde, en particulier ceux de l'Afrique. Il prétend donc implicitement que les africains ne furent jamais capable de décider de leur propre destin, ce qui revient à dire qu'ils sont quelque part inférieurs aux occidentaux. Or c'est faux, et je prends en exemple la traite négrière : n'oublions sous aucun prétexte que cette traite n'eût pas été possible si des noirs n'avaient jamais eu l'idée de vendre d'autre noirs.

On se rend donc vite compte que le ridicule "artiste" a tort sur toute la ligne. Mais, heureusement pour votre serviteur, il subsiste encore une dernière contradiction, qui est sans doute la plus énorme. Une véritable bourde, en réalité : Cali a enregistré ce clip à Perpignan, en "organisant" un engouement authentique des perpignanais pour les propos tellement justes de ce bourgeois "de gôôôche". Or, Perpignan, ville particulièrement livrée aux tensions ethniques, surtout aux échauffourées entre tziganes et arabes, vote depuis plus de dix ans... Front National à 70%.

Forts de ces contradictions, on est en droit de se demander quand est-ce que l'industrie du disque qui produit ces chanteurs à la chaîne sera enfin mise au pilori par des citoyens qui, à force de se faire manipuler par une gauche bien-pensante omniprésente lorsqu'ils allument leur télé, leur radio, ou lorsqu'ils ouvrent un journal, aimeraient pouvoir écouter de la vraie musique, dotée de véritables chanteurs avec d'authentiques bons textes. Les Brel, Brassens et autres sont morts, et ils nous le rappellent chaque jour...

mardi 29 juillet 2008

Da Vinci Code


Da Vinci Code, comment dire ?... C'est un peu comme une recette de cuisine. A la base, il y a un écrivailleur : Dan Brown ; tout ce qu'il y a de plus médiocre. On rajoute ensuite une couche de théories débiles piochées par-ci par-là dans les poubelles du conspirationnisme de comptoir : n'oublions pas que plus c'est obscur et sombre, mieux c'est ! Il faut que ça sente les greniers poussiéreux de l'Histoire... d'où l'intérêt de ressortir les bêtises sur les Templiers et le Prieuré de Sion, qui en fait ne feraient qu'un et auraient pour objectif la défense d'une dynastie mérovingienne qui descendrait elle-même du Christ. Quand on connaît la réalité historique, soit on enrage, soit on prend le parti d'en rire . On touille ensuite avec diverses insanités sur l'Eglise Catholique, en prenant bien soin d'insister sur son obscurantisme, sa cruauté, son avidité de pouvoir. On continue dans sa lancée en prétendant que Jésus aurait été l'époux de Marie-Madeleine... etc... un enfant... une descendance et bla bla bla... On n'oublie pas de remettre en cause la divinité du Christ. Quelques idioties sur l'Opus Dei également... et on saupoudre le tout avec un style bien plat !

En fait, il s'agit d'un style à la Marc Lévy, caractérisé par un manque total d'originalité et de musicalité. C'est fade, insipide ; ça se lit facilement, sans problèmes ; la phrase est imbécile : elle n'a pas d'élégance. Aucune coquetterie. Aucune marque de distinction de la part de l'auteur. Au niveau du talent et de l'intérêt stylistique, c'est donc la vacuité absolue. J'ai déjà dit un mot sur les mystères de pacotille qui sont censés faire le charme de ce bouquin.
Je ne sais pas si, dans cet article, il me faut aborder les points scandaleux, tant ils abondent. Au niveau artistique, je me passerai de développer ma pensée au sujet du commentaire foireux de la merveilleuse toile qu'est La Cène de Léonard de Vinci . Le pauvre peintre doit se retourner dans sa tombe... Je ne parlerai pas non plus de l'image déplorable qui est donnée de l'Eglise Catholique et me contenterai seulement de remarquer le courage et l'audace dont fait preuve l'auteur en l'attaquant. C'est de la subversion ! de la grande remise en question de qualité !
Les théories selon lesquelles une liaison aurait existé entre le Christ et Marie-Madeleine ne sont pas nouvelles . Il faut les combattre sans relâche. Concernant l'Opus Dei, soit l'auteur cherche à nuire à cette excellente prélature et est donc d'une mauvaise foi indigne, soit il est d'une ignorance crasse .

Le pire dans le drame du Da Vinci Code, c'est qu'il y a des abrutis pour croire ces fausses révélations. Le lecteur, qui s'ennuie dans son quotidien, facilement aguiché par une première de couverture alléchante et mystérieuse, tombe par désoeuvrement dans ces théories de complots et s'y complaît. Voilà qui explique sans doute le succès a priori incompréhensible de ce livre.
Je finirai sur cette observation : Dan Brown est à la littérature ce que Jean-Claude Van Damme est au cinéma.